Mises à jour bimensuelles – 2 mai 2025

May 02, 2025 | Ping Yu Ni


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Chers lecteurs,

 

Le mois d’avril est passé, ainsi qu’une partie des bouleversements et de la volatilité des marchés découlant de la menace d’une guerre commerciale mondiale. Nous examinons ci-dessous pourquoi le dernier mois a donné une leçon importante aux investisseurs. Nous abordons également brièvement les élections canadiennes ainsi que l’évolution de la situation tarifaire.

 

Avril : de fortes fluctuations qui se concluent par une étonnante stagnation

 

Les marchés boursiers mondiaux ont terminé le mois près de leur point de départ. C’est tout un tour de force, compte tenu de ce qui s’est produit. Plus précisément, le marché boursier mondial a reculé de près de 10 % au cours de la première semaine d’avril, lorsque les États-Unis ont dévoilé leur plan initial de droits de douane réciproques. Il a par la suite récupéré ces pertes, clôturant le mois légèrement en hausse en monnaie constante (c.-à-d. en faisant fi de l’effet du dollar canadien, qui a progressé). En outre, les taux obligataires et les taux de change ont aussi enregistré des fluctuations relativement importantes. L’incertitude demeure élevée, mais le dernier mois nous rappelle que, même si les périodes de volatilité accrue peuvent être déstabilisantes, il vaut mieux résister à l’envie de réagir aux perturbations et éviter de trop s’éloigner des cibles établies dans les plans de placement.

 

Élections canadiennes

 

Le Canada a élu un gouvernement libéral minoritaire. Il est encore trop tôt pour se prononcer sur les conséquences à court et à long terme. Néanmoins, quelques points importants valent la peine d’être soulignés. D’abord, on s’attend à ce que ce gouvernement libéral se rapproche du centre et se concentre davantage sur l’économie que sur les politiques sociales. Au-delà des droits de douane, les objectifs généraux devraient comprendre une baisse de l’immigration, la réduction des barrières interprovinciales ainsi qu’une augmentation des dépenses dans des secteurs comme les infrastructures, le logement, les ressources et la défense. Compte tenu de leur position minoritaire, les libéraux sont susceptibles de négocier avec le Bloc québécois et les néo-démocrates, qui ont tous deux perdu un certain nombre de sièges aux élections, pour faire adopter des politiques. À court terme, le premier ministre Mark Carney devrait rencontrer le président américain Donald Trump pour discuter de commerce et évaluer un éventail de concessions possibles qui pourraient jeter les bases d’un nouvel accord commercial potentiel entre les États-Unis, le Canada et le Mexique l’an prochain.

 

Une désescalade s’installe

 

L’administration américaine a revu à la baisse une partie de ses exigences commerciales récemment. Par exemple, bon nombre des droits de douane réciproques annoncés le « Jour de la libération » ont été temporairement réduits, des exceptions ont été accordées pour les principaux composants électroniques et certains accommodements ont été consentis pour le secteur automobile. De plus, l’administration se montre plus disposée à négocier qu’il y a quelques semaines à peine. Autrement dit, il semble y avoir une désescalade de l’approche commerciale musclée adoptée par les États-Unis plus tôt cette année. Cette tendance nous a éloignés du pire scénario, qui aurait été caractérisé par des droits de douane généraux élevés dans tous les secteurs et pays pendant une période prolongée.

 

La confiance s’améliore, mais la prudence est toujours de mise

 

Malgré une certaine amélioration de l’humeur des investisseurs, de nombreuses questions demeurent sans réponse, la plus importante étant la suivante : dans quelle mesure l’approche des États-Unis à l’égard des droits de douane nuira-t-elle à l’économie américaine? Les données récemment publiées sur le PIB des États-Unis au premier trimestre ont révélé une forte hausse des importations, ce qui donne à penser que les consommateurs et les entreprises ont effectué des achats préventifs avant l’entrée en vigueur des droits de douane. Cette situation indique que les effets des menaces tarifaires se sont déjà fait sentir. Le prolongement de ces effets dépendra de la durée de l’application des droits de douane et de la possibilité d’une atténuation plus importante de l’hostilité commerciale observée au cours du dernier mois. Compte tenu du niveau élevé d’incertitude et des valorisations globales du marché, nous continuons d’aborder la gestion des portefeuilles de nos clients avec prudence.

 

Nous demeurons à l'écoute.

 

Le Groupe Martin Roy