Mises à jour bimensuelles – 30 janvier 2026

January 30, 2026 | Ping Yu Ni


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Chers lecteurs,

 

Divers événements continuent de façonner le paysage des placements, avec de possibles répercussions sur les perspectives macroéconomiques. Nous examinons ci-dessous les récentes mises à jour des résultats des sociétés, la politique monétaire et les risques politiques aux États-Unis.

 

Accent mis sur les bénéfices des sociétés

 

La saison des résultats aux États-Unis va bon train, plus du quart des entreprises de l’indice S&P 500 ayant publié les résultats du quatrième trimestre de 2025 jusqu’à présent. Dans l’ensemble, les résultats ont été encourageants, les entreprises ayant dépassé les prévisions consensuelles de bénéfices avoisinant le taux moyen historique. Cela dit, les valorisations élevées donnent à penser qu’un certain optimisme pourrait déjà se refléter dans les prix.

 

Malgré des résultats globalement encourageants, le nombre de surprises positives sur les bénéfices a quelque peu diminué par rapport aux trimestres précédents, ce qui a entraîné des réactions plus mitigées ou négatives à l’égard des cours des actions dans certains cas. Cette dynamique renforce l’importance de la constance des bénéfices et des prévisions pour les trimestres à venir, particulièrement dans un contexte où les valorisations supérieures à la moyenne laissent les marchés potentiellement plus sensibles aux déceptions.

 

L’attention des investisseurs semble également s’orienter progressivement vers la qualité des bénéfices pour ce qui est de l’investissement dans l’intelligence artificielle (IA). Les marchés deviennent plus perspicaces, favorisant les entreprises en mesure de démontrer un rendement tangible des dépenses en IA, des flux de trésorerie durables, des bilans solides, et des rendements constants pour les actionnaires au moyen de dividendes et de rachats d’actions; des caractéristiques qui peuvent améliorer la résilience en cas de conditions du marché plus difficiles.

 

Au nord de la frontière, la saison des résultats en est encore à ses débuts. Les grandes banques canadiennes ont présenté d’excellents résultats à la fin de l’année dernière, et d’autres entreprises devraient présenter les leurs dans les semaines à venir. En plus des banques, les secteurs des matières et des technologies de l’information devraient attirer l’attention dans un contexte marqué par les prix favorables des produits de base et les possibilités et risques liés à l’IA. Les attentes consensuelles indiquent une croissance des bénéfices d’un peu moins de 10 % au quatrième trimestre de 2025 pour l’indice composé S&P/TSX et une croissance à deux chiffres en 2026.

 

Décisions de la banque centrale

 

La Banque du Canada (BdC) et la Réserve fédérale (Fed) ont laissé les taux d’intérêt inchangés lors de leurs dernières réunions. Au Canada, les attentes d’un modeste rebond de la croissance économique et sur le marché du travail ont permis à la BdC de demeurer patiente. Bien que les dirigeants ont reconnu l’incertitude persistante entourant la politique commerciale, ils ont insisté sur leur volonté de rajuster les taux en cas de changement important dans les perspectives.

 

Entre-temps, la BdC continue de s’attendre à un retour à la croissance tendancielle à moyen terme. L’impact économique des tarifs à ce jour étant plus limité qu’on ne le craignait au départ, les prévisions de croissance pourraient finalement se révéler prudentes. Toutefois, les tensions commerciales continues et les nouvelles négociations de l’ACEUM à venir au cours de l’été demeurent des imprévus que nous continuerons de surveiller. En réponse aux récentes déclarations sur les tarifs douaniers du président Trump en lien avec les relations entre le Canada et la Chine, le premier ministre Carney a souligné que le Canada cherchait à diversifier ses échanges commerciaux plutôt qu’à conclure de grands accords de libre-échange.

 

Aux États-Unis, la décision de la Fed d’interrompre son cycle de réduction des taux a reflété la confiance dans la force sous-jacente de l’économie américaine, même si l’inflation demeure supérieure à la cible. Le président de la Fed, M. Powell, a réitéré l’engagement de la banque centrale en faveur de la stabilité des prix et du plein emploi, renforçant ainsi une approche centrée sur les données. Dans l’ensemble, le ton donne à penser que les réductions futures du taux directeur, lorsqu’elles se produiront, seront probablement progressives et soigneusement calibrées.

 

Incertitude persistante à l’égard de la politique américaine

 

Malgré la résilience économique soutenue, l’incertitude entourant la politique américaine a refait surface. Les événements récents ont suscité de nouvelles préoccupations au sujet de la politique tarifaire et de la stabilité nationale, et les tensions politiques accrues entourant l’application de la loi en matière d’immigration ont compliqué les efforts déployés pour finaliser l’adoption de la loi sur le financement fédéral. Ce qui devait auparavant être un vote de routine sur le financement fait maintenant face à de la résistance au Sénat, les sénateurs démocrates ayant prévenu qu’ils pourraient refuser d’appuyer le projet de loi s’il comprend du financement pour le département de la Sécurité intérieure. Ce qui accroît le risque d’une nouvelle paralysie partielle du gouvernement fédéral, possiblement dès ce week-end.

 

Même si une telle paralysie (si elle se produit) pèserait probablement sur l’activité économique à court terme, l’histoire démontre que ces perturbations ont tendance à être temporaires, et que la perte de production est en grande partie récupérée une fois que le gouvernement reprend ses activités. Du point de vue du marché, l’incertitude politique persistante a coïncidé avec un dollar américain plus faible et un regain de vigueur des métaux précieux. Même si les manchettes politiques pourraient contribuer à la volatilité à court terme, nous croyons qu’elles ne changeront probablement pas la trajectoire plus générale de l’économie américaine, qui continue de croître à un rythme constant.

 

Points à retenir

 

Les bénéfices des sociétés et les facteurs fondamentaux sous-jacents de l’économie demeurent généralement favorables aux marchés boursiers, même si l’incertitude associée aux politiques et les attentes élevées présentent un potentiel de volatilité à court terme. Bien que les replis du marché puissent être inconfortables, il est essentiel de se concentrer sur une perspective à long terme. Dans ce contexte, nous croyons qu’il est prudent de continuer à investir tout en étant attentif à l’évolution des risques.

 

Nous demeurons à l'écoute.

 

Le Groupe Martin Roy