Mises à jour bimensuelles – 16 janvier 2026

January 20, 2026 | Ping Yu Ni


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Chers lecteurs,

 

Depuis le début de la nouvelle année, les marchés sont confrontés à un flot continu de nouvelles, ce qui souligne l’importance de garder les yeux rivés sur les paramètres fondamentaux. Ci-dessous, nous nous penchons plus en détail sur le contexte géopolitique, les bénéfices des sociétés et la politique monétaire.

 

Foyers de tensions géopolitiques

 

Le début de l’année a été marqué par une activité géopolitique accrue, à commencer par les interventions des États-Unis au Venezuela ainsi que la recrudescence des tensions liées à l’Iran et au Groenland. Au Venezuela, le retrait du président Nicolás Maduro et la possibilité d’une participation américaine à la reconstruction du secteur pétrolier du pays ont ravivé les attentes selon lesquelles la production – qui se situe à près d’un million de barils par jour actuellement – pourrait augmenter au fil du temps. Cependant, des décennies de sous-investissement, de détérioration des infrastructures, de corruption et d’instabilité politique laissent présager que toute reprise de l’offre serait lente, coûteuse et complexe.

 

Pour le Canada, le risque à long terme réside dans la concurrence du pétrole brut vénézuélien pour les raffineurs américains, qui dépendent fortement de l’approvisionnement canadien. Cela dit, le Canada bénéficie d’un réseau d’oléoducs bien implanté aux États-Unis et d’une plus grande souplesse en matière d’exportation grâce à l’expansion du pipeline Trans Mountain vers la côte ouest – deux facteurs qui devraient contribuer à préserver ses parts de marché. Les actions canadiennes dans le secteur de l’énergie ont initialement mal réagi à l’évolution de la situation au Venezuela, reflétant les craintes que les raffineurs américains puissent remplacer le pétrole brut canadien par du pétrole vénézuélien. Un tel scénario pourrait creuser l’écart entre le WCS et le WTI (l’écart de prix entre le pétrole lourd canadien et le pétrole de référence), ce qui créerait des difficultés pour les producteurs canadiens. Cette réaction du marché sous-estime peut-être le temps et les capitaux considérables qui seraient nécessaires pour augmenter sensiblement la production vénézuélienne, ainsi que l’amélioration des infrastructures d’exportation du Canada.

 

Parallèlement, l’administration américaine a mis en garde l’Iran contre les violences infligées aux civils dans le cadre de la répression des manifestations généralisées dans le pays et a réaffirmé son désir d’« acquérir » le Groenland. Si ces événements soulignent l’incertitude géopolitique persistante susceptible d’entraîner des épisodes de volatilité sur les marchés, l’enseignement général à tirer des dernières années est qu’il est important de garder du recul, en évitant de trop réagir aux manchettes et en se concentrant plutôt sur les paramètres économiques fondamentaux et les tendances des bénéfices des sociétés.

 

Bénéfices des sociétés

 

Les paramètres fondamentaux des sociétés demeurent favorables. Les attentes en matière de bénéfices prévisionnels dans les principaux marchés continuent d’augmenter. En outre, la période de publication des résultats du quatrième trimestre de 2025 aux États-Unis a commencé cette semaine, les analystes s’attendant à une croissance des bénéfices de près de 10 % pour l’indice S&P 500. De façon plus générale, après une croissance des bénéfices à l’échelle mondiale d’environ 12 % en 2025, les prévisions consensuelles tablent sur une augmentation supplémentaire de 14 % en 2026.

Même si l’optimisme quant à l’économie et aux bénéfices se reflète peut-être déjà en grande partie dans les valorisations, qui restent supérieures aux moyennes à long terme et peuvent donc rendre les marchés plus sensibles aux mauvaises surprises, la constance des résultats pourrait contribuer à soutenir des ratios élevés. Dans ce contexte, l’évolution des bénéfices demeure un facteur déterminant pour la poursuite de la progression des marchés boursiers.

 

Banques centrales

 

Au Canada, les données récentes sur le marché de l’emploi, notamment la stabilisation observée dans les secteurs exposés au commerce, pourraient permettre à la Banque du Canada (BdC) de rester patiente. Selon Services économiques RBC, la reprise du marché de l’emploi sera inégale et, comme l’inflation se situe près de la cible, la BdC dispose d’une marge de manœuvre pour évaluer l’évolution macroéconomique. Par conséquent, Services économiques RBC et les marchés des contrats à terme s’attendent à ce que le taux directeur de la BdC demeure inchangé au cours des prochains trimestres.

 

Aux États-Unis, les marchés tablent actuellement sur des réductions du taux cible d’environ 50 points de base au cours des 12 prochains mois. Toutefois, l’incertitude entourant la légalité de certains droits de douane continue d’assombrir les perspectives économiques et pose un défi aux décideurs de la Réserve fédérale américaine (Fed).

 

Par ailleurs, les manchettes récentes concernant les citations à comparaître émises par le département américain de la Justice liées aux rénovations de bâtiments de la Fed ont relancé le débat sur l’indépendance de la banque centrale. Néanmoins, les risques à court terme d’une politisation de la Fed semblent relativement limités, compte tenu de la solidité des mécanismes de contrôle institutionnels aux États-Unis. Plusieurs sénateurs républicains éminents se sont notamment engagés à défendre la Fed en utilisant leur pouvoir d’appui des nominations à la Fed, et la réponse ferme du président de la Fed, M. Powell, a probablement renforcé la probabilité qu’il reste au conseil d’administration de la Fed après la fin de son mandat de président en mai. Fait important, les réactions du marché généralement associées aux menaces à l’indépendance des banques centrales – comme les attentes d’inflation plus élevées – sont demeurées ténues, ce qui indique que les investisseurs continuent de faire confiance aux mesures de protection institutionnelles des États-Unis.

 

Points à retenir

 

Même si l’évolution géopolitique et l’incertitude entourant les politiques pourraient donner lieu à une volatilité intermittente, les bénéfices des sociétés et les paramètres économiques fondamentaux sous-jacents demeurent les principaux moteurs des marchés boursiers. Ces facteurs devraient rester favorables au cours des prochains trimestres. À notre avis, l’idée de conserver ses placements, mais de rester prudent demeure une approche judicieuse.

 

Nous demeurons à l'écoute.

 

Le Groupe Martin Roy