La rétrospective de 2023 révèle une conjoncture des marchés et de l’économie marquée à la fois par l’incertitude et la résilience. Au début de 2023, les économistes s’entendaient pour dire que les États-Unis et le Canada connaîtraient une récession (communément définie comme étant une période d’au moins deux trimestres consécutifs de croissance du PIB négative) au cours du second semestre de l’année. Après tout, les banques centrales avaient déjà relevé les taux d’intérêt à des sommets historiques afin de maîtriser l’inflation élevée, ce qui a produit l’effet escompté, soit le resserrement des conditions financières. De plus, quelques-uns des principaux indicateurs économiques dont les prédictions de récession se sont avérées par le passé semblaient aussi annoncer la concrétisation d’un tel scénario.


Et pourtant, la vigueur du marché du travail a persisté, les dépenses de consommation ont continué de progresser tant bien que mal, et les taux du PIB nord-américain se sont maintenus à des niveaux respectables pendant la majeure partie de l’année. Nous estimons qu’une telle dynamique découle de l’effet durable des mesures de relance budgétaire incroyablement généreuses des dernières années, conjuguées à une diminution de la sensibilité de l’économie à la hausse des taux, particulièrement aux États-Unis.
Aperçu de 2024
Compte tenu de la situation en 2023, il serait tentant de penser que « cette fois-ci, ce sera différent » à l’approche de 2025. Toutefois, le risque de récession demeure et s’est même accru au fil du temps, parallèlement aux taux d’intérêt historiquement élevés. Nous prévoyons qu’une récession s’amorcera aux États-Unis et au Canada, probablement au cours du deuxième ou du troisième trimestre de 2024, et les banques centrales devraient entamer la réduction des taux dans la foulée. Nous nous attendons à ce qu’une récession arrive aux États-Unis et au Canada, probablement au deuxième ou au troisième trimestre de 2024, date à laquelle les banques centrales pourraient commencer à réduire leurs taux.

Les données économiques les plus récentes laissent entrevoir ce qui suit :
- une faiblesse croissante des marchés du travail (sans qu’il s’agisse d’une chute abrupte pour autant) ;
- une stagnation de la croissance des salaires ;
- une détérioration du crédit à la consommation ;
- des commentaires de plus en plus sombres formulés par les cadres supérieurs des plus grandes multinationales à propos des perspectives économiques.

Nous notons également que les attentes consensuelles actuelles de six baisses de taux aux États-Unis, associées à une croissance du BPA à deux chiffres pour l’indice S&P 500, nous semblent quelque peu ambitieuses compte tenu des signes susmentionnés de faiblesse économique émergente associée à des taux d’intérêt élevés.
Même si l’inflation a fort heureusement baissé par rapport aux sommets de l’an dernier grâce aux banques centrales, elle demeure supérieure aux cibles de ces institutions, tant au Canada qu’aux États-Unis.
Cela dit, nous ne nous attendons pas à ce que la Banque du Canada ou la Réserve fédérale américaine continuent d’augmenter les taux de façon significative. Nous anticipons toutefois un resserrement des conditions financières (un signe souvent avant-coureur de récession) au cours des prochains mois, notamment parce que les taux sont très élevés et que les effets de leur hausse sont généralement ressentis de 12 à 18 mois plus tard à l’échelle de l’économie. Notons en outre que le maintien du resserrement quantitatif y contribue aussi (et se traduit par des hausses de taux).
À l’avenir, nous ne nous attendons pas à ce que la Banque du Canada ou la Réserve fédérale américaine continuent d’augmenter les taux – du moins pas de manière significative, d’autant plus que l’inflation devrait ralentir davantage. Néanmoins, nous nous attendons à un nouveau resserrement des conditions financières – généralement un précurseur d’une récession – au cours des prochains mois. C’est en partie parce que les taux sont aussi élevés qu’ils le sont, et il y a généralement un décalage de 12 à 18 mois avant que leur effet ne se fasse pleinement sentir dans l’ensemble de l’économie. Cela est également dû à une poursuite du resserrement quantitatif (considérez ces hausses de taux de facto). Cela se produit à un moment où les vents favorables des généreuses mesures de relance budgétaire des années précédentes s’estompent.

Les banques centrales utilisent le resserrement quantitatif en contexte de politique monétaire restrictive pour réduire le montant des liquidités dans l’économie ou la masse monétaire. Il s’agit de l’inverse de l’assouplissement quantitatif.
Facteurs clés et conclusions
Voici quelques précisions.
Premièrement, nous ne nous attendons pas à ce que la récession soit particulièrement marquée, puisque le fonctionnement global du marché du travail se maintient sur de solides assises et que les bilans des ménages et des entreprises restent raisonnablement sains (pour l’instant). De plus, les taux très élevés d’aujourd’hui sont avantageux pour les banques centrales, car ils leur procurent une marge de manœuvre et une souplesse considérables pour amortir le choc économique d’une récession.
Deuxièmement, les banques centrales n’ont pas souvent réussi à éviter les atterrissages brutaux par le passé, mais nous n’excluons pas la possibilité d’un atterrissage en douceur. La concrétisation d’un tel scénario dépendra en grande partie de la descente de l’inflation vers la cible et de la stabilité globale du marché du travail.
Le temps nous le dira. Compte tenu de l’incertitude persistante, notre parti pris serait de maintenir un niveau sain de postures défensives dans les portefeuilles grâce à une légère surpondération des titres à revenu fixe, à une amélioration de la qualité des avoirs en actions et à un redéploiement proactif de l’excédent de trésorerie dans les portefeuilles.
Un atterrissage en douceur est un ralentissement cyclique de la croissance qui évite la récession. C’est l’objectif des banques centrales comme la Banque du Canada lorsqu’elle augmente les taux d’intérêt (et, à son tour, les taux d’emprunt pour les consommateurs et les entreprises), leur objectif étant de ralentir l’économie du pays afin de réduire l’inflation élevée, tout en visant à éviter de provoquer un ralentissement économique ou une récession grave.
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