Opinion éclairée : Perspectives de l’économie et du marché des États-Unis

30 janvier 2026 | Revue trimestrielle des représentants-conseils - Hiver 2026


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Dans le numéro Opinion éclairée de ce trimestre, Tasneem Azim-Khan, stratégiste en chef, Placements, RBC PH&N Services-conseils en placements, présente un nouveau rapport en deux parties qui nous plonge au cœur de l’économie et des marchés des États-Unis et du Canada et nous fait part des principaux évènements survenus sur ces marchés.
  • La partie I « Tout va bien aller », consacrée à la plus grande économie mondiale, contient des thèmes d’actualité importants et des analyses sur les États-Unis afin de faire le point sur leur situation présente, mais aussi sur la direction dans laquelle ils se dirigent, en abordant les évènements qui influeront sur les marchés mondiaux dans les mois à venir.
  • La partie II « Un verre à moitié plein » braque les projecteurs sur le Canada en analysant les phénomènes marquants qui façonnent – et continueront de façonner – l’économie et les marchés des placements dans les années à venir.

Voir le résumé de la partie I ci-dessous ou cliquer ici pour accéder à l’article complet.


Partie I : Tout va bien aller

Aperçu : L’économie américaine se montre résiliente, avec une croissance d’un peu plus de 2 % attendue en 2026, mais elle est confrontée à des vents contraires découlant de la reprise en forme de K, des incertitudes relatives aux droits de douane et des valorisations boursières élevées, en particulier dans les secteurs liés à l’IA.

Résumé

Les prévisions de croissance pour l’économie américaine en 2026 s’établissent à un peu plus de 2 %, ce qui est plus ou moins stable par rapport aux prévisions de croissance du PIB réel de 2025. Cette prévision représente toutefois un ralentissement par rapport à la croissance de près de 3 % observée en 2024, tout en perpétuant la dynamique de l’exceptionnalisme américain. Certains facteurs économiques sont favorables à cette croissance, comme les dépenses en immobilisations dans l’IA qui devraient générer des gains de productivité, la relance budgétaire au moyen de la loi « One Big Beautiful Bill Act », les mesures de déréglementation, l’effet de richesse favorable et les avantages liés aux baisses de taux antérieures et attendues.

Néanmoins, les risques de stagflation persistent, car la croissance ralentit alors que les pressions inflationnistes demeurent élevées et que les marchés du travail fléchissent. L’indice des prix à la consommation de novembre a affiché des tendances baissières inattendues, bien que ces données demeurent discutables compte tenu de la paralysie du gouvernement fédéral qui a duré 43 jours – la plus longue de l’histoire des États-Unis. Les préoccupations relatives au marché du travail s’intensifient en ce début 2026, du fait que le resserrement des politiques d’immigration, les restructurations d’entreprises, les départs à la retraite record des baby-boomers, les pertes d’emplois liées à l’IA et l’incertitude entourant les droits de douane accentuent les risques pour l’emploi. Les politiques d’entreprise « pas d’embauche, pas de mises à pied » se sont transformées en « pas d’embauche, début des mises à pied » à la fin de 2025. La société Challenger, Gray and Christmas a ainsi relevé près d’un million de mises à pied début novembre, ce qui représente 50 % de plus que l’année précédente et le niveau le plus élevé depuis les pertes attribuables à la pandémie en 2020. Le taux de chômage a atteint 4,6 % en novembre, ce qui corrobore le ralentissement du marché du travail, même si le taux n’est pas problématique en soi.

La reprise économique s’est caractérisée par une forme en K, ce qui signifie que les ménages à revenu élevé se portent très bien alors que la situation des ménages à revenu faible ou moyen se détériore. Les personnes à revenu faible ou moyen sont exposées de manière disproportionnée à la montée de l’inflation, aux droits de douane imposés sur les biens plutôt que sur les services, et aux taux d’intérêt élevés, en raison de leurs habitudes d’emprunt et de leur capacité d’épargne réduite. La récente prolongation des allégements fiscaux a favorisé les ménages à revenu élevé au détriment des ménages à faible revenu. Par ailleurs, les ménages plus âgés et plus fortunés bénéficient d’importants effets sur la richesse en raison de l’appréciation des actifs liquides et de la croissance des revenus découlant des multiples mesures de relance en réponse à la pandémie. L’équipe Services économiques RBC note que depuis 2020, le décile supérieur a accumulé environ 30 000 milliards de dollars en actifs liquides générant des revenus, soit six fois plus que les autres groupes, ce qui lui a permis de réduire sa dépendance aux salaires pour maintenir son niveau de vie.

Cet écart de richesse entraîne une dangereuse concentration de l’économie, puisque le décile supérieur des revenus représente maintenant près de la moitié des dépenses de consommation aux États-Unis, une proportion record depuis la fin des années 1980. Étant donné qu’environ 70 % du PIB des États-Unis est dérivé de la consommation, la viabilité des dépenses des ménages aisés devient critique en 2026. Une grande partie des gains de richesse découle de l’appréciation du marché boursier lié à l’IA, de sorte que si des corrections étaient apportées aux valorisations élevées de l’IA, cela entraînerait un risque considérable pour les habitudes de consommation. Les dernières données sur la consommation montrent déjà des signes de ralentissement. En septembre 2025, les dépenses de consommation n’ont augmenté que modérément, après la forte progression des périodes précédentes, ce qui indique une perte d’élan au troisième trimestre. La confiance des consommateurs a chuté en novembre à son deuxième niveau le plus bas depuis avril, s’approchant de creux historiques, en raison de l’augmentation des mises à pied, de l’incertitude persistante entourant les droits de douane et des problèmes d’accessibilité généralisés qui touchent particulièrement les ménages à revenu moyen ou faible.

Les politiques de droits de douane se sont avérées moins dévastatrices que ce qui était redouté au début de 2025, alors que les pays se préparaient à leur impact. Les droits de douane ont été revus à la baisse, y compris au terme de négociations conflictuelles avec la Chine, le Canada et le Mexique. Malgré sa diminution, le taux tarifaire effectif moyen des États-Unis demeure élevé, à environ 16 %. Les préoccupations au sujet de l’accessibilité, exacerbées par les politiques tarifaires de l’administration Trump, semblent avoir atteint leur paroxysme, comme en témoignent plusieurs victoires démocrates retentissantes à la suite de campagnes axées sur les problèmes d’accessibilité aux États-Unis. Récemment, M. Trump a aboli les droits de douane sur une sélection de produits alimentaires et proposé des chèques de remboursement des droits de douane de 2 000 $ à l’intention des contribuables américains (à l’exception des personnes à revenu élevé). D’après la Tax Foundation, les remboursements de droits de douane devraient coûter 300 milliards de dollars au département du Trésor américain, soit une somme à peu près équivalente aux recettes annuelles tirées des nouveaux prélèvements et déjà comptabilisée au titre des allégements fiscaux compensatoires en vertu de la loi « One Big Beautiful Bill Act ».

La Cour suprême des États-Unis doit encore se prononcer sur la légalité des droits de douane de M. Trump imposés en vertu de la loi International Emergency Economic Powers Act de 1977. Si elle se prononçait à l’encontre des droits de douane, le gouvernement devrait théoriquement accorder les remboursements correspondants, bien que les membres du cabinet de M Trump aient qualifié un tel verdict de calamité budgétaire, ce qui a érodé la confiance dans l’exécution des remboursements éventuellement exigés. Reste à savoir si ces remboursements seraient applicables partiellement ou dans leur totalité, et s’ils s’appliqueraient uniquement aux sociétés engagées dans des poursuites judiciaires, ou à toutes les sociétés touchées.

La politique de la Réserve fédérale (Fed) demeure incertaine, étant donné la persistance de l’inflation parallèlement aux signes de faiblesse du marché du travail. Au vu de la légère tendance à la stagflation, la Fed continuera probablement de se fonder sur les données, réunion après réunion. La baisse des taux de 0,25 % le 9 décembre 2025 a représenté la troisième baisse consécutive de 2025 et la sixième depuis le milieu de 2024, marquant une réduction totale de 1,75 % pour établir les taux dans une fourchette de 3,50 % à 3,75 %. Les données économiques récentes sont contrastées avec un PIB de 4,3 % au troisième trimestre, soit un point de pourcentage au-dessus des prévisions consensuelles, mais une hausse du taux de chômage à 4,6 % en novembre, principalement attribuable à des réintégrations et des mises à pied temporaires plutôt que des mises à pied permanentes. Les données sur l’inflation de novembre signalent un recul de l’IPC global à 2,7 % sur 12 mois, ce qui se trouve bien en deçà des prévisions, mais les données utilisées pour ce calcul pourraient contenir des anomalies et doivent donc être interprétées avec prudence.

La division entre les membres du Comité fédéral de l’open market qui préconisent un resserrement et ceux qui préconisent un assouplissement reflète des points de vue différents sur les effets à retardement des droits de douane, les effets de la réduction de l’immigration sur l’offre de main-d’œuvre et les conséquences du départ à la retraite des baby-boomers. Les membres favorables à un resserrement mentionnent les risques liés aux pressions à la hausse sur les salaires. D’un autre côté, ceux qui plaident en faveur d’un assouplissement soulignent que l’essor de l’IA commence à s’étendre des constructeurs aux utilisateurs de cette technologie, ce qui devrait générer des gains de productivité généralisés et des économies de coûts pour les entreprises. L’élection d’un nouveau président de la Fed en mai pourrait compliquer davantage la situation, car les favoris Kevin Hassett et Kevin Warsh sont des fidèles de M. Trump favorables à des baisses de taux plus rapides et plus énergiques. L’éventuelle érosion de l’indépendance de la Fed sous la direction des partisans de M. Trump pourrait être contrecarrée par une révolte du marché obligataire, dans la crainte d’une reprise de la hausse de l’inflation plus tard en 2026. 

Les valorisations des actions de l’indice S&P 500 ont atteint des niveaux inquiétants, l’indice ayant grimpé de 10 % à 15 % en novembre 2025 – ce qui est considérable, mais en perte de vitesse par rapport à la hausse de 20 % enregistrée en 2024 et à la traîne des autres grands marchés. La pondération des sept magnifiques est passée de 15 % à plus d’un tiers de l’indice au cours de la dernière décennie. L’indice S&P 500 se situe à plus d’un écart type au-dessus des moyennes à long terme, bien que l’exclusion des sept magnifiques fasse ressortir des multiples plus raisonnables de 16,7 légèrement inférieurs aux moyennes historiques. Les prévisions de bénéfices laissent entrevoir une croissance d’un peu plus de 14 % en 2026, après une croissance de 13 % en 2025. Les sept magnifiques devraient générer une croissance des bénéfices d’environ 23 %, ce qui représente un ralentissement important par rapport au rythme frénétique de 35 % à 40 % en 2024.


Points saillants

  • Au début de novembre 2025, le nombre de mises à pied aux États-Unis a dépassé le cap de 1 million, soit une hausse de 50 % par rapport à l’année précédente.
  • La paralysie du gouvernement fédéral de 43 jours a été la plus longue de l’histoire des États-Unis.
  • Le décile supérieur des revenus représente près de la moitié des dépenses de consommation aux États-Unis, un record depuis la fin des années 1980.
  • Le taux tarifaire effectif moyen des États-Unis demeure élevé à 16 % environ.
  • Les chèques de remboursement des droits de douane de 2 000 $ coûteraient 300 milliards de dollars américains au Trésor américain.
  • La Fed a mis en œuvre six baisses de taux totalisant 1,75 % depuis la mi-2024.
  • Les sept magnifiques représentent plus du tiers de la pondération de l’indice S&P 500.
  • Les estimations consensuelles de dépenses en immobilisations liées à l’IA s’élèvent à plus de 400 milliards de dollars pour 2025.

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