Opinion éclairée : Perspectives de l’économie et des marchés du Canada

30 janvier 2026 | Revue trimestrielle des représentants-conseils - Hiver 2026


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Dans le numéro Opinion éclairée de ce trimestre, Tasneem Azim-Khan, stratégiste en chef, Placements, RBC PH&N Services-conseils en placements, présente un nouveau rapport en deux parties qui nous plonge au cœur de l’économie et des marchés des États-Unis et du Canada et nous fait part des principaux évènements survenus sur ces marchés.
  • La partie I « Tout va bien aller », consacrée à la plus grande économie mondiale, contient des thèmes d’actualité importants et des analyses sur les États-Unis afin de faire le point sur leur situation présente, mais aussi sur la direction dans laquelle ils se dirigent, en abordant les évènements qui influeront sur les marchés mondiaux dans les mois à venir.
  • La partie II « Un verre à moitié plein » braque les projecteurs sur le Canada en analysant les phénomènes marquants qui façonnent – et continueront de façonner – l’économie et les marchés des placements dans les années à venir.

Voir le résumé de la partie II ci-dessous ou cliquer ici pour accéder à l’article complet.


Partie II : Un verre à moitié plein

Aperçu : Les perspectives économiques demeurent moroses pour le Canada en 2026, avec une croissance estimée à moins de 1 %, mais l’économie a récemment créé des surprises positives tandis que les négociations de l’ACEUM représentent un tournant critique pour la trajectoire économique du pays.

Résumé

À l’abord de 2026, le paysage économique du Canada est le résultat d’une longue période de défis, parmi lesquels l’incertitude entourant le commerce international, l’inflation élevée, la faiblesse de la productivité, les déséquilibres du système d’immigration et la faiblesse du marché du logement. Bien que le pays ne soit pas entré en récession à l’issue de la COVID-19, de nombreux Canadiens font face à des difficultés économiques persistantes. RBC Gestion mondiale d’actifs (RBC GMA) s’attend à une croissance encore léthargique d’un peu moins de 1 % en 2026, ce qui marque une légère décélération par rapport à une croissance estimée à un peu plus de 1 % en 2025. Même si les perspectives de croissance manquent de vigueur, l’espoir que les conditions deviennent moins mauvaises fait émerger l’idée d’un « verre à moitié plein ».

Plusieurs données économiques importantes de fin 2025 ont créé des surprises positives. L’emploi canadien s’est avéré beaucoup plus solide que prévu en novembre, le chômage reculant de 0,4 % pour s’établir à 6,5 %. Ce recul, le plus important en un mois depuis février 2022 (période de reprise postpandémique), représente une amélioration de 0,5 % par rapport au récent sommet de septembre 2025. La croissance des salaires des employés permanents est restée vigoureuse, s’établissant à 4 % d’une année sur l’autre. Bien que les données mensuelles sur l’emploi puissent être volatiles, la baisse du taux de chômage en novembre conforte les récentes données sur les offres d’emploi, ce qui semble confirmer un début de reprise en matière de demande de travailleurs. Au troisième trimestre, la croissance du PIB canadien a atteint 2,6 % d’une année sur l’autre, ce qui constitue une autre surprise positive, car ces données témoignent d’une résilience économique plus forte que prévu. Une grande partie du rebond des échanges commerciaux nets découle du recul des importations, tandis que la demande intérieure et les investissements des entreprises représentent des points faibles. Les investissements résidentiels ont augmenté pour un deuxième trimestre d’affilée, tandis que les dépenses ont encore fait preuve de résilience.

L’équipe de Services économiques RBC a fait état de dépenses de consommation supérieures aux prévisions de 2025 pour le Canada. La réduction de l’immigration a considérablement ralenti la croissance démographique, d’où une hausse des dépenses par habitant de 2,4 % par an au deuxième trimestre de 2025 – le rythme le plus rapide en trois ans. Les bilans des ménages sont restés sains au troisième trimestre et la croissance de la valeur nette a été plus rapide qu’au deuxième trimestre. La diminution des remboursements de dettes non hypothécaires et la forte progression des marchés financiers ont accru le pouvoir d’achat et le patrimoine des ménages. Bien que les coûts de propriété d’un logement demeurent élevés, ils ont diminué pour un septième trimestre consécutif au troisième trimestre de 2025 : la mesure globale d’accessibilité à la propriété de RBC a atteint près de 53 % à l’échelle nationale, en nette amélioration par rapport au sommet de plus de 63 % atteint en 2023. Bien que les améliorations ne soient pas réparties équitablement entre les segments de la société, elles augmentent le pouvoir d’achat global des consommateurs canadiens et laissent entrevoir des effets de croissance de la richesse au sein de l’économie.

Il n’est pas encore certain que les surprises économiques positives de la fin 2025 constituent les signes d’un rétablissement de l’économie canadienne – cela ne pourra se constater que de façon rétrospective. Les reprises économiques s’avèrent souvent longues et généralement, elles ne sont pas linéaires, mais se déroulent par à-coups. L’assouplissement de la politique monétaire et la mise en œuvre de mesures de relance budgétaire sont d’importants facteurs favorables pour les perspectives de croissance du Canada, au-delà des estimations actuelles pour 2026. Après que l’inflation eut culminé à un peu plus de 8 % en 2022 sous l’effet de la pandémie, le pays a relativement réussi à la stabiliser autour de la cible de 2 % de la Banque du Canada. La modération de l’inflation a permis à la Banque du Canada (BdC) d’engager un cycle d’assouplissement à la fin de 2024, avec des baisses de 1,75 % au total qui ont ramené le taux du financement à un jour à 2,25 % à la fin de 2025. La BdC a considérablement réduit ses taux par rapport aux autres banques centrales dans le monde.

Étant donné que l’inflation se rapproche de la cible de la BdC et que le marché du travail donne des signes de stabilisation, il semble peu probable que la banque centrale baisse davantage les taux en 2026. Toutefois, les effets de la politique monétaire se font généralement sentir avec un décalage de neuf à 18 mois, ce qui laisse croire que l’effet positif des récentes baisses des taux directeurs n’est pas encore pleinement reflété dans l’économie. L’administration Carney a récemment dévoilé un budget qui pourrait légèrement stimuler la croissance pour l’année à venir grâce à d’importantes mesures visant à accroître les investissements, comme l’accélération de l’amortissement, les dépenses consacrées aux infrastructures et à la défense, et les investissements dans le secteur des ressources. RBC GMA estime qu’une judicieuse application de ces mesures pourrait engendrer une croissance économique supplémentaire de 0,5 %.

Cette année, la trajectoire économique du Canada dépendra fortement de l’interaction entre plusieurs facteurs tels que l’assouplissement monétaire, les mesures de relance budgétaire, la révision de la politique d’immigration et le résultat des futures négociations commerciales. Bien que les dernières nouvelles soient globalement encourageantes dans ces domaines, il faudra faire preuve de patience pour voir des retombées économiques positives, sans doute sur des horizons de plusieurs années.

ACEUM 2.0

La préservation de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM) est essentielle pour l’avenir économique du Canada. Les États-Unis ont officiellement entamé les discussions sur l’avenir de l’ACEUM à l’automne 2025, dans l’anticipation des dates officielles de révision à compter du 1er juillet 2026. Les négociations au sujet du renouvellement ou du remplacement de l’accord devraient s’étaler sur plusieurs mois. Bien que l’accord n’expire pas automatiquement avant 2036, cette révision revêt une importance particulière étant donné le régime tarifaire de l’administration Trump. Plus inquiétant encore, n’importe lequel des trois pays pourrait se retirer de l’accord sous un préavis de six mois. Les autres options comprennent une prorogation de l’accord de 16 années, ou la mise en place d’évaluations annuelles jusqu’à l’expiration de l’accord en 2036.

Lorsque les États-Unis ont imposé des droits de douane généraux de 25 % sur les produits canadiens et mexicains au début de 2025, puis majoré ces droits à 35 % pour le Canada en août, l’ACEUM a joué un rôle crucial dans la protection des exportateurs. Selon Services économiques RBC, environ 90 % des importations américaines en provenance du Canada ont été exonérées de droits de douane en vertu de l’ACEUM au deuxième trimestre de 2025. L’accord s’est traduit par des taux de droits de douane effectifs moyens compris entre 1 % et 5 % pour le Canada, soit largement au-dessous des droits de douane moyens appliqués par les États-Unis sur l’ensemble des importations. La confirmation et le maintien de l’ACEUM auraient pour effet de rehausser la position concurrentielle du Canada en tant que partenaire commercial des États-Unis par rapport à d’autres pays.

Les enjeux semblent considérables au vu de la faiblesse persistante des données économiques, du niveau élevé du chômage et de la croissance anémique du PIB. L’histoire donne des indices ambigus en ce qui concerne les résultats éventuels. L’approche de l’administration Trump en matière de négociation des droits de douane laisse entrevoir des mois tendus et volatils dans un contexte d’incertitude économique accrue. L’administration Trump pourrait chercher à tirer parti de la dépendance du Canada envers les États-Unis, comme elle l’a fait par le passé. Toutefois, les orientations générales sur le plan des droits de douane se sont avérées « meilleures que ce que l’on craignait », ce qui est encourageant.

La position belliqueuse de l’administration Trump à l’égard du Canada a provoqué une introspection nationale et une discussion sur la dépendance économique disproportionnée du Canada à l’égard de son partenaire commercial du sud. Même si l’actuelle administration américaine modérait son discours sur le commerce international et décidait de maintenir l’ACEUM, les arguments en faveur d’une plus grande dépendance au marché intérieur et du développement de liens avec des partenaires commerciaux autres que les États-Unis devraient prendre de la force au Canada.

Le budget fédéral 2025 du Canada met en avant des stratégies complètes de diversification économique, avec notamment l’objectif de doubler les exportations hors des États-Unis au cours des dix prochaines années et de générer 300 milliards de dollars supplémentaires à partir de ces nouveaux échanges commerciaux, dans le contexte de plusieurs initiatives. Le Fonds pour la diversification des corridors commerciaux représente un investissement de 5 milliards de dollars sur sept années en vue de renforcer les infrastructures de transport et d’améliorer l’accès aux marchés mondiaux. Le Fonds de réponse stratégique s’engage à verser 5 milliards de dollars pendant six années pour aider les entreprises des secteurs sensibles au commerce international à s’adapter et se diversifier. Les autres initiatives comprennent de grands projets de transport visant à ouvrir de nouvelles voies commerciales et un engagement de deux milliards de dollars en faveur des investissements stratégiques dans les minéraux critiques.

Le sort de l’ACEUM aura également des conséquences importantes dans plusieurs secteurs américains sensibles au commerce international. Selon Recherche économique RBC, les droits de douane effectifs moyens imposés aux importateurs américains tournent actuellement autour de 15 %, ce qui représente un bond considérable par rapport au taux de moins de 3 % de l’an dernier, et le niveau le plus élevé enregistré depuis les années 1930. Dans le plan de match de M. Trump en matière de commerce mondial, l’ACEUM se démarque par le fait qu’il protège toutes les parties grâce à des droits de douane minorés. Au moins 95 % des produits américains exportés au Canada en 2024 ont été exemptés de droits de douane en vertu de l’accord. En 2024, le Canada a représenté le premier marché d’exportation de 32 États américains, et le Canada et le Mexique ont collectivement acheté près de cinq fois plus de produits fabriqués aux États-Unis que tout autre pays.


Points saillants

  • Le taux de chômage du Canada a reculé de 0,4 % pour s’établir à 6,5 % en novembre 2025, ce qui représente le plus fort repli mensuel depuis février 2022.
  • Au troisième trimestre, la croissance du PIB a dépassé les attentes pour atteindre 2,6 % sur 12 mois.
  • La Banque du Canada a réduit ses taux de 1,75 % au total, portant le taux du financement à un jour à 2,25 %.
  • Au deuxième trimestre de 2025, 90 % des importations américaines en provenance du Canada ont été exonérées de droits de douane en vertu de l’ACEUM.
  • Le budget 2025 du Canada ambitionne de doubler les exportations hors des États-Unis au cours de la prochaine décennie
  • Le Fonds pour la diversification des corridors commerciaux s’est engagé à investir 5 milliards de dollars sur sept années.
  • Le Canada a constitué le premier marché d’exportation pour 32 États américains en 2024.
  • L’accessibilité à la propriété s’est améliorée à 53 % par rapport à un sommet d’environ 63 % en 2023.

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