Mises à jour bimensuelles – 27 février 2026

February 27, 2026 | Ping Yu Ni


Share

Malgré la résilience des marchés boursiers, l’incertitude liée à l’actualité a persisté en février, les droits de douane et la technologie étant au centre des préoccupations. Ci-dessous, nous examinons plus en détail ces thèmes ainsi que les tendance

Chers lecteurs,

 

Malgré la résilience des marchés boursiers, l’incertitude liée à l’actualité a persisté en février, les droits de douane et la technologie étant au centre des préoccupations. Ci-dessous, nous examinons plus en détail ces thèmes ainsi que les tendances des bénéfices des sociétés nord-américaines et les répercussions sur le commerce canadien.

 

Solidité des bénéfices des sociétés

 

La période de publication des résultats du quatrième trimestre de 2025 des sociétés de l’indice S&P 500 tire à sa fin. Pour un cinquième trimestre consécutif, l’indice a enregistré une croissance des bénéfices dans les deux chiffres. Toutefois, la part des sociétés qui ont dépassé les prévisions de bénéfices a diminué. Dans un contexte où les valorisations demeurent élevées, un resserrement de l’écart entre les résultats publiés et les prévisions pourrait rendre les marchés un peu plus sensibles aux déceptions ou aux chocs macroéconomiques défavorables.

 

Les résultats de certaines grandes sociétés technologiques ont été surveillés de près afin de déterminer si les attentes élevées à l’égard de l’intelligence artificielle (IA) peuvent être maintenues. Les investisseurs recherchent de plus en plus des preuves claires que les investissements substantiels dans l’IA se traduisent par des rendements tangibles, dans un contexte de questionnement sur la prévisibilité de la croissance des bénéfices et les perturbations potentielles causées par l’IA dans certains secteurs. Ce scepticisme a récemment été mis en évidence : une grande société d’infrastructures d’IA a surpassé ses prévisions de revenus et a révisé à la hausse ses attentes, mais la réaction du marché est demeurée ténue. Néanmoins, dans l’ensemble, le groupe des grandes sociétés technologiques continue d’être soutenu par des modèles d’affaires durables et une production fiable de flux de trésorerie.

 

Au Canada, la période de publication des résultats des sociétés pour 2025 touche également à sa fin, et les grandes banques ont publié leurs résultats du premier trimestre de 2026. Les bénéfices des banques ont été positifs; des bénéfices records ont été enregistrés grâce à une excellente tenue des principales divisions et à l’amélioration du rendement des capitaux propres (RCP). Malgré l’incertitude commerciale et géopolitique, les prévisions consensuelles pour l’indice composé S&P/TSX indiquent toujours une croissance des bénéfices dans les deux chiffres cette année, ce qui soutient des perspectives favorables pour les actions canadiennes.

 

Nouvelles sur les droits de douane

 

La semaine dernière, la Cour suprême des États-Unis a invalidé certains droits de douane que l’administration Trump avait imposés en vertu de l’International Emergency Economic Powers Act (IEEPA). La réaction du marché a été globalement modérée, car les investisseurs s’attendaient à cette décision ainsi qu’aux efforts de l’administration pour rétablir les droits de douane au moyen d’autres mesures législatives.

 

De fait, des droits de douane mondiaux de 10 % sur les importations aux États-Unis sont entrés en vigueur plus tôt cette semaine, la Maison-Blanche indiquant qu’ils pourraient passer à 15 % « s’il y a lieu ». Mis en œuvre en vertu de l’article 122, ces tarifs douaniers peuvent demeurer en place pendant 150 jours sans l’approbation du Congrès. Or, l’article 122, qui sert à gérer les urgences liées à la balance des paiements, est également susceptible de faire l’objet de contestations judiciaires. Compte tenu de la composition actuelle du Congrès, il semble peu probable qu’un vote soit tenu pour prolonger les droits de douane, mais la mesure temporaire donne le temps à l’administration de restructurer sa politique tarifaire.

 

D’autres avenues législatives, comme les articles 232 et 301, nécessitent des enquêtes officielles sur les risques liés à la sécurité nationale ou les pratiques commerciales déloyales, mais tendent à offrir un fondement juridique plus durable. Néanmoins, dans sa décision, la Cour suprême a réaffirmé que l’autorité présidentielle à l’égard des droits de douane n’est pas illimitée, renforçant les mécanismes de contrôle constitutionnels et soulignant la nécessité de procédures plus rigoureuses pour l’adoption de mesures commerciales à long terme.

 

Pour le Canada, l’incidence économique immédiate reste limitée. Environ 90 % des exportations canadiennes vers les États-Unis demeurent exonérées de droits de douane en vertu d’exemptions prévues par l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM). Par ailleurs, les droits de douane sectoriels sur les métaux, le secteur automobile et d’autres segments ciblés de l’économie canadienne imposés en vertu de l’article 232 demeurent en vigueur et continuent de peser lourdement sur certains secteurs. Par conséquent, la révision de l’ACEUM prévue en juillet reste plus déterminante pour les perspectives économiques du Canada, ainsi que les efforts soutenus pour diversifier le commerce et investir dans les capacités nationales.

 

Selon notre scénario de base, l’essentiel du cadre de l’entente demeurera intact, compte tenu de l’intégration profonde des chaînes d’approvisionnement nord-américaines et des coûts économiques partagés liés aux perturbations. Cela dit, nous nous attendons à ce que les négociations comportent des signaux politiques et des points de pression sectoriels qui pourraient alimenter l’incertitude à court terme. Nous suivons la situation de près.

 

Points à retenir

 

Même si les marchés demeurent sensibles à l’évolution de l’humeur des investisseurs en raison des valorisations élevées et de l’incertitude associée aux politiques, la vigueur des bénéfices des sociétés incite à un optimisme modéré. L’incertitude commerciale continue d’influencer la confiance des entreprises et des consommateurs, mais, à long terme, les marchés boursiers sont principalement dictés par les bénéfices. Dans un contexte de stabilité des paramètres économiques fondamentaux, nous estimons qu’il demeure judicieux de conserver une attitude prudemment optimiste dans la gestion des portefeuilles.

 

Nous demeurons à l'écoute.

 

Gestion privée de patrimoine Roy