Voie ouverte à une remontée durable des actions chinoises

16 janvier 2026 | Jasmine Duan


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L’an dernier, les résultats des marchés ont été positifs, malgré le pessimisme de nombreux gens. Cette remontée peut-elle se poursuivre en 2026?

Les actions chinoises ont clôturé l’année 2025 avec de solides gains annuels pour une deuxième année consécutive. L’indice MSCI Chine a bondi de 31 %, tandis que l’indice de référence de Hong Kong (Hang Seng), a progressé de 28 %. Les gains ont surpris de nombreux participants au marché, de nombreux analystes ayant exhorté à la prudence au début de 2025 en raison des tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine.

Nous pensons que les facteurs suivants façonneront les rendements des marchés boursiers en 2026.

Comment les décideurs fixeront-ils la cible de croissance économique?

Les décideurs chinois ont présenté leur feuille de route pour la période allant de 2026 à 2030 dans le 15e Plan quinquennal annoncé en octobre 2025. En ce qui concerne la croissance économique, le plan vise à ce que la Chine atteigne le niveau des pays modérément développés d’ici 2035. Cela signifie une augmentation de près de 50 % du PIB par habitant, qui passera de 13 300 $ US à 20 000 $ US.

Les décideurs ont précisé que la Chine atteindra un taux de croissance économique annuel moyen de 4,17 % au cours de la prochaine décennie dans les documents officiels de l’étude du Parti. Même si la cible de croissance du PIB pour 2026 devrait officiellement être annoncée en mars, nous prévoyons que le taux de croissance restera élevé (environ 5 %) au cours des prochaines années, avant de ralentir graduellement.

Selon nous, une croissance plus élevée au début de la 15e période du plan quinquennal permettrait à la cible de diminuer au cours des années subséquentes. Le raffermissement de la croissance au début de la phase pourrait également envoyer des signaux positifs, ce qui renforcera la confiance des ménages et des entreprises.

Mais qu’en est-il des défis de croissance à long terme?

L’établissement de cibles de croissance ambitieuses est inspirant, mais les investisseurs pourraient remettre en question leur réalisabilité. De nombreux participants au marché soutiennent que la Chine continue de faire face à de multiples problèmes entourant la croissance à long terme, par exemple, une correction incomplète du marché immobilier, la morosité de la consommation intérieure, les pressions déflationnistes et les tensions géopolitiques persistantes. Bien qu’il soit peu probable que ces problèmes se résolvent rapidement, leurs répercussions générales sur l’économie et les marchés boursiers nécessitent une analyse minutieuse, à notre avis.

Prenons l’exemple du secteur immobilier. Les prix des immeubles résidentiels et les investissements demeurent en repli et les promoteurs continuent de faire face à des difficultés. En particulier, les deux tiers des 50 principaux promoteurs chinois ont été en défaut de paiement de leurs obligations au cours des dernières années.

Toutefois, l’incidence sur l’économie et le marché boursier devrait être moins grave qu’il y a des années. Lors du sommet de 2018, les secteurs de l’immobilier et les secteurs connexes représentaient 25 % du PIB de la Chine, mais les estimations de Bloomberg Economics donnent à penser que cette part a considérablement fondu et que la contribution économique des secteurs technologiques a remplacé celle du secteur immobilier. Le secteur immobilier ne représente maintenant que 1,4 % de l’indice MSCI Chine, ce qui limite son incidence directe sur les marchés boursiers, même si les nouvelles négatives entourant les promoteurs continuent d’émerger.

Selon nous, la correction du marché de l’habitation ne pose plus de risque financier systématique. Les décideurs accordent moins d’importance au secteur immobilier, le classant au dernier rang des huit priorités économiques pour 2026.

L’apport économique de la Chine provenant des industries technologiques a comblé le vide laissé par le secteur immobilier
Contribution des secteurs liés aux technologies et à l’immobilier au PIB chinois
Contribution des secteurs liés aux technologies et à l’immobilier au PIB chinois
 
Liés à l’immobilier
 
Liés aux technologies

Sources : RBC Gestion de patrimoine, Bloomberg Economics, Bureau national des statistiques de la Chine; les données pour 2025 et 2026 représentent les projections de Bloomberg Economics.

Le graphique montre les contributions annuelles au PIB chinois des secteurs liés aux technologies et à l’immobilier depuis 2017, et les projections de Bloomberg Economics pour 2025 et 2026. Au sommet de 2018, l’immobilier et les secteurs connexes représentaient environ 25 % du PIB de la Chine, mais cette part a considérablement diminué. Sa contribution est estimée à 16,6 % en 2026. Pour les secteurs liés aux technologies, la contribution au PIB devrait passer d’environ 11 % en 2018 à 18,3 % en 2026.

Évolution des mesures de stimulation de la demande intérieure

Le 15e Plan quinquennal accorde plus que jamais la priorité à la demande et à la consommation intérieure. Toutefois, les récents paquets d’aide, comme le programme révisé d’achat avec reprise comportant des subventions pour les biens de consommation, nous donnent à penser que les montants et la portée des subventions en 2026 seront plus restreints que l’an dernier. Cette situation soulève la question suivante : la stimulation de la demande intérieure n’est-elle qu’un slogan, ou le gouvernement prendra-t-il des mesures concrètes?

Nous croyons que l’approche visant à soutenir la demande intérieure a évolué. Les décideurs se concentrent maintenant sur la réduction des inégalités de revenus et la prévention d’une résurgence de la pauvreté en milieu rural. La récente faiblesse du marché de l’emploi a freiné la croissance des salaires des travailleurs migrants, et la croissance du nombre de travailleurs migrants a considérablement ralenti depuis 2023. Le taux de pauvreté en milieu rural pourrait augmenter si les travailleurs migrants perdent leur emploi en ville et retournent dans les zones rurales.

Par conséquent, nous prévoyons des mesures plus ciblées visant à redistribuer et à renforcer le filet de sécurité sociale pour les groupes à faible revenu, plutôt que des subventions générales à la consommation. De nouvelles initiatives pourraient également être mises en œuvre, comme la réduction des coûts liés à la maternité.

La technologie dépasse l’autosuffisance et émerge comme moteur de croissance

Il n’est pas surprenant que les décideurs aient comme priorité la progression de la science et de la technologie ainsi que la modernisation de l’industrie au cours des cinq prochaines années. Toutefois, le programme technologique va au-delà de la sécurité nationale et de l’autosuffisance.

À la suite des récentes percées dans les véhicules électriques, les médicaments novateurs et l’IA, la technologie est devenue un nouveau moteur de la croissance économique de la Chine. Les décideurs cherchent à déployer des technologies à l’échelle de l’économie pour stimuler la productivité, permettre des applications commerciales évolutives et générer une nouvelle demande.

La Chine réalise des progrès rapides en matière d’adoption de technologies, tirant parti des avantages découlant de sa chaîne d’approvisionnement manufacturière. Par exemple, son déploiement de la robotique dans le secteur manufacturier est 12 fois plus important que celui des États-Unis, lorsque rajusté pour tenir compte du revenu.

Pour atteindre ces objectifs, nous pensons que le gouvernement central pourrait jouer un rôle plus important dans l’orientation de la politique technologique et industrielle. Cette mesure pourrait réduire le protectionnisme local, la segmentation du marché et les problèmes de surcapacité.

Appréciation du renminbi

Le renminbi s’est fortement redressé pour amorcer 2026, s’appréciant de près de 1 % par rapport au dollar américain au cours du dernier mois et s’étant raffermi au-delà de 7,0 yuans chinois pour la première fois depuis 2023.

Nous croyons que la Banque populaire de Chine pourrait tolérer une nouvelle appréciation du renminbi par rapport au dollar américain, car la trêve commerciale entre les États-Unis et la Chine semble plus durable cette fois-ci. Si les préoccupations à l’égard de la croissance s’atténuent et les risques de dépréciation s’estompent, nous pensons que la banque centrale devrait réduire son intervention sur le marché des changes, conformément aux tendances historiques.

Conséquences pour le marché boursier

Après une année dominée par les tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine, la trajectoire économique de la Chine semble être revenue sous son propre contrôle. La dernière entente commerciale entre les deux pays conclue en octobre semble plus solide et nous estimons qu’elle devrait préparer le terrain à une remontée plus durable du marché boursier chinois.

À la suite d’un repli au quatrième trimestre de 2025, l’indice MSCI Chine se négocie à un cours plus raisonnable, affichant un ratio C/B prévisionnel de 12,7, ce qui est légèrement supérieur à la moyenne historique de 11,6. En particulier, les titres des chefs de file chinois de l’IA et de l’Internet semblent toujours sous-évalués par rapport à aux titres américains comparables. Comme les investisseurs se demandent de plus en plus si les sociétés américaines d’IA sont surévaluées, nous prévoyons un intérêt accru pour les actions chinoises liées à l’IA. Cette situation pourrait soutenir l’ensemble du marché boursier.

Avec la collaboration de Leo Shao.


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