Dans cet épisode d’Opinion éclairée, Tasneem Azim-Khan, stratégiste en chef, Placements, à RBC PH&N Services-conseils en placements, présente deux analyses importantes et opportunes : la première porte sur les négociations à venir de l’ACEUM 2.0, et la seconde, sur la Réserve fédérale américaine.
L’indépendance de la Réserve fédérale est menacée, car son double mandat crée un casse-tête politique
La Réserve fédérale (Fed) se trouve dans une situation délicate, prise entre des signaux économiques contradictoires et une pression politique sans précédent qui menace sa précieuse indépendance.
La récente baisse d’un quart de point du taux de la Fed signale un virage expansionniste. D’autres baisses sont prévues d’ici la fin de l’année, ce qui ramènerait les taux à environ 3,5 %-3,75 %. Cette « baisse préventive » cache toutefois un dilemme plus profond : les deux volets du mandat de la Fed (plein emploi et stabilité des prix) évoluent dans des directions opposées. Le taux de chômage demeure relativement bas, à 4,3 %, mais l’inflation de base s’est accélérée pendant trois mois consécutifs pour s’établir tout juste au-dessus de 3 %, en glissement annuel. Cette tendance inquiétante laisse entrevoir des pressions stagflationnistes.
Cette difficulté est aggravée par le fait que la Fed intervient sans disposer de toutes les informations concernant la stratégie des droits de douane de l’administration Trump. Compte tenu de l’approche de la renégociation de l’ACEUM et de la décision de la Cour suprême sur la légalité des droits de douane, la Fed ne peut pas prévoir avec précision les tensions inflationnistes futures. Le plan de relance budgétaire massif de 3 000 milliards de dollars, appelé « One Big Beautiful Bill », agit comme des baisses de taux supplémentaires et pourrait contraindre la Fed à faire marche arrière en cas de remontée de l’inflation.
Plus inquiétant encore pour l’indépendance de la politique monétaire, M. Trump a lancé une attaque sans précédent contre les dirigeants de la banque centrale. Après avoir qualifié le président Jerome Powell de « Trop tard Powell » et critiqué publiquement son approche prudente, M. Trump a tenté de congédier la gouverneure de la Réserve fédérale, Lisa Cook, sur la base d’allégations de fraude hypothécaire. Mme Cook a intenté avec succès une action en justice pour empêcher sa destitution, la Cour suprême lui permettant de rester en poste d’ici à ce qu’elle se penche sur l’affaire, en janvier.
Ces machinations politiques représentent une dangereuse érosion de l’indépendance de la Fed. Le président Trump a déjà nommé Stephen Miran à la tête du Comité des conseillers économiques, en remplacement d’Adriana Kugler, qui a démissionné à titre de gouverneure. En plus de la nomination par M. Trump de Christopher Waller et Andrea Bowman, qui occupent déjà le poste de gouverneurs, le président modifie graduellement la composition du Comité fédéral de l’open market.
Toutefois, les habitudes de vote récentes portent à croire que l’indépendance n’a pas complètement disparu. Alors qu’on s’attendait à de nombreuses opinions divergentes, seul M. Miran a voté différemment lors de la dernière assemblée, privilégiant une réduction plus importante d’un demi-point plutôt que de s’opposer complètement à d’autres réductions.
Par ailleurs, la Banque du Canada subit des pressions similaires. Elle a abaissé les taux à 2,5 % dans un contexte de chômage à un sommet de neuf ans et de contraction de 1,6 % du PIB ; d’autres baisses de taux seront vraisemblablement décrétées si les données économiques continuent de se dégrader.
Les deux banques centrales doivent actuellement composer avec une incertitude sans précédent. Elles continuent de faire preuve de souplesse, tout en composant avec des courants politiques contraires qui menacent la crédibilité et l’efficacité de leurs politiques monétaires.
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