Canada
L’économie s’est avérée plus vigoureuse que prévu au cours du dernier mois du premier trimestre et au début du deuxième, de nombreuses entreprises ayant devancé leurs achats avant la mise en œuvre des droits de douane de représailles sévères attendus de la Maison-Blanche de Trump. Une bonne partie des menaces initiales des droits de douane ont été levées (mais à l’évidence pas éliminées) ; toutefois, l’incertitude créée par les décisions commerciales erratiques du président Trump a jeté un froid sur la capacité des entreprises à prévoir les achats, les ventes et même les conditions économiques pour les mois à venir. Cela veut dire que le Canada continuera probablement d’afficher une croissance du PIB inférieure à la normale en 2025 (1,2 % selon notre estimation), et même une croissance encore plus faible de seulement 1 % en 2026. Le taux de chômage continue de grimper à mesure que les entreprises procèdent à des mises à pied, soit en réponse aux droits de douane, soit en prévision de ceux-ci ou de leurs effets. L’élection du premier ministre Carney et du gouvernement libéral en avril a cependant suscité un certain optimisme quant aux perspectives de croissance à long terme du pays, le gouvernement s’étant employé à rapidement mettre en œuvre une législation et des projets favorables à la croissance. Les marchés canadiens, soutenus par les secteurs des ressources, des matériaux (de l’or en particulier), de la finance et des services publics, ont largement surpassé le S&P 500 au cours de l’année écoulée et devraient bénéficier, dans les mois à venir, de l’approche plus accommodante de la Banque du Canada en matière de taux d’intérêt que celle de la Réserve fédérale américaine, plus ferme.
États-Unis
Malgré les craintes d’une récession rapide, ou d’une faible croissance, attribuable aux droits de douane du président Trump, le PIB des États-Unis tient toujours le coup. On soupçonne toutefois que les importateurs ont gonflé leurs biens avant l’entrée en vigueur des droits de douane réciproques prévus sur les importations (et à présent suspendus pour la plupart). La croissance de l’emploi a commencé à s’affaiblir et, bien que la diminution des offres d’emploi et l’augmentation des demandes de prestations d’assurance-chômage soient préoccupantes, un optimisme prudent persiste quant à l’impact des droits de douane imposés par Trump, qui ne devraient pas provoquer une poussée inquiétante de l’inflation. Les récentes tensions géopolitiques au Moyen-Orient pourraient faire grimper le prix du pétrole et de l’essence, et le pays (et le monde) se prépare encore à la mise en place éventuelle de bon nombre des droits de douane réciproques initiaux, mais plusieurs grandes entreprises demeurent optimistes quant à leurs perspectives d’avenir. L’indice S&P 500 s’est remis de sa chute d’avril, mais n’a pratiquement pas progressé depuis le début de l’année, à la traîne de ses pairs canadiens et européens, dans l’attente de l’impact des droits de douane et de la prochaine décision de la Réserve fédérale sur les taux d’intérêt, qui devrait encore baisser deux fois cette année.
Europe
Malgré la vigueur des marchés boursiers au cours des derniers mois, l’économie de l’Europe continue d’afficher une croissance modérée, alors que le continent continue d’évaluer les nouvelles politiques commerciales et les nouveaux droits de douane des États-Unis et de s’y adapter. Beaucoup d’entre eux pourraient encore être pleinement mis en œuvre si des accords commerciaux ne sont pas conclus avec la plus grande économie du monde. La Grande-Bretagne a ouvert la voie en proposant les grandes lignes d’un accord commercial avec les États-Unis, mais l’Union européenne et ses membres ne l’ont pas fait. L’Allemagne, la plus grande économie de la région, a enfin commencé à montrer des signes de sortie de son marasme, alors que son nouveau gouvernement de centre droit s’efforce de tirer parti des déficits budgétaires – chose longtemps proscrite dans ce pays – pour relancer l’économie. De nombreux grands pays européens accroissent également leurs dépenses militaires, alors que les États-Unis cherchent à se désengager de la défense de l’Europe et craignent une Russie de plus en plus belliqueuse. Avec l’inflation qui ralentit et l’emploi qui reste ferme, l’optimisme grandit quant à la capacité de la Banque centrale européenne de continuer à réduire le coût d’emprunt, ce qui améliorera encore les perspectives de croissance.
Obligations de marchés émergents
En raison des craintes de guerre commerciale et de droits de douane, la demande mondiale devrait s’affaiblir tout au long de 2025 et en 2026, ce qui entraînera une baisse de la demande de biens et services des marchés émergents. Cette situation risque également d’avoir un impact sur les dépenses d’investissement, ce qui se traduira par une croissance plus faible que prévu pour les économies émergentes du monde entier. Toutefois, la baisse du dollar américain pourrait enfin favoriser les exportations vers les États-Unis et réduire le remboursement de la dette libellée en dollars américains. De nombreux pays émergents se précipitent pour établir de nouveaux accords commerciaux avec la plus grande économie du monde, afin d’éviter l’incidence des droits de douane réciproques du président Trump. L’un des points positifs pour les pays émergents a été le solide rendement de leurs marchés boursiers, qui ont même surpassé celui de l’indice S&P 500 depuis le début de l’année, et qui s’inscrit dans une dynamique solide pour le reste de l’année. La Chine continue de s’efforcer de surmonter les droits de douane et les restrictions commerciales des États-Unis, et dans le cadre d’un accord entre le président Trump et le président Xi, elle a pu réduire temporairement les droits de douane astronomiques qui lui ont été imposés récemment. Il est à noter que les échanges commerciaux entre la Chine et les États-Unis ont à peine évolué au cours des quinze dernières années, tandis que les exportations de la Chine vers le reste du monde ont augmenté de 80 %, ce qui laisse aux États-Unis un moins grand pouvoir de négociation qu’auparavant et pourrait contraindre le pays à faire des compromis avec son rival, deuxième économie en importance au monde.
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