Bonjour chers clients,
La volatilité a refait surface au cours du mois dernier. Elle a particulièrement touché le marché obligataire, où les taux ont considérablement augmenté (et les cours ont baissé) pour atteindre les niveaux de novembre dernier. L’évolution a été moins marquée sur le marché des actions, mais la faiblesse reste évidente ces derniers temps. Quel en est le responsable ? La recrudescence de l’incertitude et du débat sur les taux d’intérêt. Nous en parlons ci-dessous.
- Les données économiques mondiales des premiers mois de l’année ont été raisonnablement fortes, ce qui a défié les nombreuses prévisions d’un ralentissement de l’activité. En temps normal, la plupart des investisseurs seraient satisfaits d’un tel contexte. Cependant, les événements récents ont alimenté les craintes que l’inflation, bien qu’elle ait tendance à reculer, ne reste obstinément élevée et n’oblige les banques centrales à relever davantage les taux afin de freiner la demande.
- Parallèlement, les décideurs ont commencé à donner des signaux contradictoires. La Banque du Canada a indiqué qu’elle devrait bientôt arrêter de resserrer les taux et voir la progression de l’économie. Plus récemment, la Réserve fédérale américaine a laissé entendre qu’elle n’était pas tout à fait prête à faire une telle pause. Elle a plutôt souligné la nécessité de continuer à relever les taux pour maîtriser l’inflation de manière convaincante. Conclusion : Les investisseurs réévaluent les prévisions en matière de taux d’intérêt, ce qui explique la récente hausse de la volatilité.
Nous ne sommes pas très sûrs de la destination des taux d’intérêt à la fin des relèvements. Nous ne pensons pas non plus que cela soit aussi important que le prétendent certains experts. À notre avis, l’essentiel réside dans la préparation des portefeuilles au scénario potentiel dans lequel les taux d’intérêt demeureraient élevés pendant une période suffisamment longue pour engendrer des difficultés économiques. Au cours de l’histoire, la plupart des périodes de resserrement des taux ont fini par entraîner un ralentissement de la croissance, voire une récession en bonne et due forme. Nous ne prévoyons pas que le présent cycle fasse exception à la règle.
Toutefois, nous sommes d’avis que les investisseurs doivent être patients, car le scénario peut prendre un certain temps à se manifester. Voyons ensemble quelques raisons. Tout d’abord, les consommateurs disposent toujours des ressources nécessaires pour dépenser. Les soldes de liquidités restent élevés, même si l’on admet qu’ils sont sur une trajectoire baissière. De plus, les consommateurs sont toujours prêts à dépenser de l’argent et à expérimenter les activités (voyages, sorties, spectacles, restaurants, etc.) qui leur ont cruellement manqué pendant la pandémie, quel qu’en soit le coût.
Plus important encore, l’histoire nous a appris que les taux supérieurs ont besoin de temps pour se répercuter sur l’économie. Le marché du logement au Canada en est un bon exemple. Les Canadiens titulaires d’un emprunt hypothécaire représentent environ 35 % des ménages du pays (37 % sont locataires et 28 % n’ont pas de prêt hypothécaire). Seule une proportion infime des ménages (2 %) détient un prêt hypothécaire à taux variable et versements variables, dont les remboursements hypothécaires fluctuent en fonction des mouvements des taux d’intérêt. Une plus grande partie des ménages possède soit un prêt hypothécaire à taux variable et versements fixes (10 %), soit un prêt hypothécaire à taux fixe (23 %), et aucun de ces deux types de prêts ne connaît de changement dans les remboursements pendant la durée du prêt. Autrement dit, les ménages canadiens qui ont été touchés jusqu’à présent par la hausse des taux depuis un an pourraient ne pas être aussi nombreux que prévu. Le plus grand défi se présentera dans les prochaines années, puisque les propriétaires qui ont acheté une habitation ou qui ont refinancé leur prêt durant les cinq dernières années risquent de devoir financer à nouveau le prêt à des taux beaucoup plus élevés. En d’autres termes, c’est au moment du refinancement que les ménages pourront prendre conscience de la situation et seront obligés de réévaluer leurs dépenses et leur épargne et d’établir de nouvelles priorités.
Il n’est pas certain que le scénario ci-dessus se déroule exactement comme décrit, mais nous devons nous y préparer. La trajectoire de l’inflation et des taux d’intérêt revêt de toute évidence une grande importance pour les perspectives de l’économie et des placements au cours des prochaines années. Nous continuerons de surveiller la situation avec grand intérêt et de revoir nos propres attentes à mesure que les choses évoluent.
Article intéressant à lire!
Dans la période boursière difficile que nous traversons tous, il peut être parfois difficile de rester rationnel et de laisser nos émotions prendre le dessus. C’est pourquoi je vous transmets cet article qui rappelle les fondements de l’investissement et les comportements adéquats à avoir pour réussir dans vos placements! On résume le tout en 10 principes. Ceux-ci sont expliqués en détail dans l’article du lien ci-dessous.
Revue des dix principes de base en matière d’investissement (rbcgam.com)
Je vous souhaite, au nom de toute l’équipe, un excellent mois de mars!
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